vendredi 16 septembre 2016

Le film d'horreur

Son identité et sa popularité 

 

 

Aujourd'hui pas d'article capillaire mais un article sur un sujet qui me passionne: Le cinéma d'horreur.
Genre cinématographique que j'estime le plus et pour lequel j'ai regardé le plus de films (554 à l'heure actuelle). J'essaie de ce fait de lire des ouvrages consacrés à ce genre.


 La trombine de Michael Myers et couv' haha

J'ai terminé le génialissime ouvrage "De chair et de Sang" d'Arnaud Bordas, qui énumère les plus grands méchants du genre! (en passant du Blob, Freddy ou bien encore Jigsaw).
J'ai entamé "Terreur du voir" de Stéphane Bex (qui est long et complexe pour le coup, et qui parle de ce que je préfère: le Foundfootage)
Et enfin, le livre sur le lequel je fais cet article (enfin, une partie de la composante de ce livre pour être exacte) "La philosophie du cinéma d'horreur" d'Olivia Chandeigne.

 Ici pour la couv, ça provient du film Cube, ça me fait direct penser aux Cénobites d'Hellraiser aussi haha

Cet ouvrage est plus facile d'accès que celui de Bex mais reste très intéressant! (j'ai par contre certains éléments qui me laissent plutôt perplexe: l'auteur parle un moment des personnages emblématiques de l'horreur, à savoir par exemple un loup garou, un zombie, le Diable etc mais par contre elle ne cite pas le "fantôme" car étant pour elle du domaine du fantastique et de "l'épouvante". Interrogation de ma part: horreur, épouvante= pas la même chose? Le thème du fantôme n'est donc pas "horrifique"? Pas d'accord du tout pour le coup. Et autre point de divergence: cette nécessité selon elle que le film d'horreur soit "gore". Le sang est toujours selon son point de vue omniprésent et vecteur d'horreur, ce que je suis, encore une fois absolument pas d'accord. Un film peut être horrifique et n'avoir aucune composante de sang ou vraiment TRÈS mineure (donc pas gore comme elle dit). J'ai toujours détesté ce raccourcis bidon de, film d'horreur= SANG, GORE. Alors que non, ce magnifique genre est composé d'une palette de sous genre, et donc de gore (voir torture porn) mais il ne s'agit pas ici de son essence même!

Toutefois, le livre recèle d'analyses très intéressantes est très justes! (hormis le fait qu'elle site beaucoup Hostel, trop à mon goût haha).
J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la partie: "Pourquoi sommes-nous consommateurs de films d'horreur?"
C'est pourquoi j'ai décidé de "synthétiser" cette partie avec mes propres mots et vous la faire partager, c'est parti!!
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Aristote
« Le spectateur, devant le tragique ou l’horreur, se libère de ses passions sur la scène de l’imaginaire ; il se soigne aussi, car en regardant se déchainer les passions, il est désormais apte à les contenir. »

Pourquoi regardons-nous des films d’horreur ?

·         Pulsions de mort, sadisme/masochisme
-Satisfaire deux pulsions primaires : le côté sadique ou bien le côté masochiste. Il s’agit ici d’un besoin d’agression ou d’auto punition (ex : Hostel serait donc ici un signe de « masochisme » en regardant « l’autre » souffrir c’est nous que nous aimons voir souffrir). On vit dans une société dite « civilisée », on ne peut donc pas agresser et laisser nos pulsions surgir (bien que celles-ci existent). (Autre exemple : dans le film la dernière maison sur la gauche de Wes Craven, on est horrifié par ce que vit la victime du début mais on trouve une certaine « complaisance » à regarder les monstres du début devenir victimes et inversement, les victimes devenir bourreaux). Le film d’horreur permet donc de laisser s’exercer les pulsions « morbides », de les extérioriser par le biais du film. (Le film d’horreur peut aussi dans cette dimension, dédramatiser ce qui nous effraie).

·         Se sentir mieux : être en vie
-Il s’agit ici pour le spectateur, par le biais du film d’horreur auquel il est confronté, « d’optimiser » le sentiment de vie, d’appartenance à ce monde et à ses contours. Ainsi, en voyant la souffrance d’autrui par le prisme du film d’horreur, je relativise ma propre vie et mes propres souffrances: Je suis ainsi « heureux » d’être envie, d’être ce que je suis. Je suis plus chanceux que beaucoup d’humain souffrant dans le monde. Ici le film a une visée plutôt « positive » malgré son ton pessimiste, on crée cet aspect « bon » par l’effet inverse que le film nous livre. On découvre par ce biais la « valeur » de la vie, son essence, (en côtoyant la souffrance et la douleur). (On peut rapprocher cette idée aux films Saw : Jigsaw veut montrer à ses victimes combien ils sont ingrats face aux cadeaux de la Vie, et les faire souffrir pour leur montrer que la vie est un don, même idée que le film d’horreur, la souffrance=prise de conscience de la vie).

·         La pitié/la compassion
-Face au film d’horreur que l’on voit, peut se fixer le sentiment d’empathie, de compassion voir de pitié. On est happé par ce que le film projette, on espère la survie de l’être souffrant. Ressentir cette compassion est un moyen pour le spectateur de se sentir Vivant. Ainsi, on se perçoit comme bon, généreux et profondément humain (à la différence des monstres que le genre de l’horreur peuple). On est « valorisé » par le film, nous ne sommes pas si mauvais que nous le pensons, la culpabilité redescend.

Donc
Le film d’horreur, parmi de nombreux points, permet avant tout :
-De nous libérer de ce qu’il y a de mauvais au fond de nous,
-D’aimer la vie,
-Et apprendre à aimer autrui, lui et ses souffrances. (Le comprendre, l’écouter)